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Genre : beaucoup mieux

Saviez-vous qu’une femme utilise en moyenne dans sa vie 11 000 tampons et / ou serviettes périodiques ? Et dans le même genre, vous a-t-on déjà dit que si l’on mettait bout à bout toutes les protections périodiques utilisées sur un an, on pourrait couvrir la distance entre la Terre et le Soleil ?

Impressionnant. Mais enfin, pas dans le bon sens. Parce que vu ce qu’il se trame dans nos tampons (du Glyphosate, vraiment ?), ce genre de chiffres n’est bon ni pour nos vagins, ni pour la planète. Alors hop : on vous explique pourquoi les tampons bios, c’est beaucoup mieux. Et en détail, s’il-vous-plaît.

Dessine-moi un tampon

Pour commencer, il faut comprendre qu’aujourd’hui, il n’existe encore aucune loi tenant les marques de tampons et serviettes à la même règle d’étiquetage que les aliments ou les médicaments. Le coca ? On sait. Le savon ? Aussi. Mais les tampons, bizarrement, on s’en tamponne.

En fait, alors qu’il a été présenté comme un véritable outil de libération des femmes au moment de son arrivée sur le marché, la composition des tampons n’a fait l’objet d’aucune étude véritablement approfondie jusque très récemment. Et l’Etat n’a commencé à se préoccuper de sa composition qu’en 2016 à la suite d’une pétition lancée par Mélanie Doerflinger. Jusqu’ici, non seulement la loi ne tenait pas pour obligatoire pour les fabricants de dévoiler la composition de leurs produits, mais, plus encore, elle ne s’était pas intéressée non plus à leur potentiel à risque pour la santé de celles qui les utilisent.

En cause ? Le tabou des règles évidemment. Sang bleu sur spot télévisé, incapacité de parler des menstruations ouvertement sans que s’installe une grosse gêne… Moins on en parle, moins on s’en soucie. Et moins on s’en soucie, moins on fait les choses correctement.  

Mais alors, c’est du coton ou pas ?

A l’origine, les tampons étaient composés exclusivement de coton. Mais par la suite, pour des raisons industrielles, économiques, et parce que certaines femmes se plaignaient de fuites pendant leurs règles, les fabricants y ont intégré d’autres matériaux : synthétiques, moins coûteux et possédants un plus puissant pouvoir d’absorption.

Aujourd’hui, sur le marché des protections périodiques, les tampons non-bios ne sont donc pas faits de coton mais de pulpe de bois* (extraite des pins, plus précisément) dont on tire la cellulose pour la transformer en matière synthétique. Seul hic ? Cette matière, puisqu’elle vient des arbres, a une jolie (LOL) couleur marron. Pour les industriels, ce marron, c’est pas très vendeur, ni marketable. Alors qu’est-ce qu’on en fait ?

Eh bien du coup, les industriels font un peu leur propre cuisine, et ne sont pas tenus d’en dévoiler les procédés, toujours plus ou moins hasardeux. Pour que les tampons soient blancs, (blancs comme coton ou comme pureté), la cellulose est blanchie au chlore.

Un procédé donnant naissance à des perturbateurs endocriniens comme des phtalates ou des dioxines, accusés notamment d’être cancérigènes et d’avoir un impact sur la fertilité des femmes, ainsi qu’un lien étroit avec l’endométriose et le SCT. Plus encore, des études ont montré qu’un tampon synthétique libérait au contact du liquide (comme le sang), des micro-fibres très irritantes pour les parois vaginales. Vous pouvez d’ailleurs faire le test chez vous : il vous suffit de mettre un tampon dans un verre d’eau et de revenir une heure plus tard.

Et un tampon bio, qu’est-ce que c’est ?

Bon, déjà c’est un tampon qui s’est démocratisé en réaction aux scandales entourant la composition des tampons synthétiques. Bonne nouvelle. Comme son nom l’indique, il est biologique : c’est-à-dire composé de fibres naturelles et organiques, qui sont donc plus respectueuses de la flore vaginale.

Dans la famille des tampons bio, on trouve différents produits : leur facteur commun est leur composition faite de coton à 100%, contrairement aux différents “alliages” conçus pour les tampons classiques. Ils ne contiennent pas de colorants ni de parfums et ne présentent pas les risques liés aux tampons synthétiques. Certains d’entre eux sont même certifiés GOTS (Global Organic Textile Standard), ce qui signifie que leurs fibres sont fabriquées selon les normes de l’agriculture biologique. En plus, les marques certifiées respectent, dans leur ligne de production, des critères environnementaux et sociaux fixés par la loi. À peine plus coûteux, et (tellement) moins nocifs, leur atout principal, au regard de notre santé reste la transparence de leur composition : bah oui, puisqu’on sait tout.