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Ouais, on en parle.

Exceptionnel, mais pas anodin, (très) rare mais sérieux : le Syndrome du Choc Toxique a fait une apparition fracassante dans le débat public depuis quelques années. Bien renseignée sur le sujet, Gina vous débriefe : l’occasion de vous éviter un coup de flip pour que dalle et de vous mettre à l’abri des comportements à risque.

C’est quoi, le SCT ?

Le SCT ou Syndrome du Choc Toxique est causé par une bactérie franchement banale mais néanmoins agressive : le staphylocoque doré. Naturellement présente dans l’organisme de 30 à 50% de la population, elle est – la plupart du temps – dormante, et touche aussi bien le nez, que la gorge, la peau et … le vagin.

C’est-à-dire ?

Il faut comprendre que le SCT n’est pas nécessairement déclenché par le port d’une protection périodique. Mais si la bactérie est présente dans le vagin, elle peut, dans certains cas, se développer si vous portez un tampon ou une cup au delà de la durée recommandée (de 3 à 6 heures). Parce que le sang stagnant à l’intérieur du vagin représente un territoire de culture extrêmement fertile, entraînant la prolifération des bactéries. Drainées par le sang, elles gagnent les organes vitaux comme le coeur, les poumons et les reins : et c’est là que ça se complique.

Comment le reconnaître ?

En France, les cas sont peu (mais déjà trop) nombreux : en moyenne 20 par an. Les conséquences peuvent être très graves voire mortelles si le diagnostic n’est pas émis à temps : il est donc important de bien se renseigner.
Pour vous en prémunir, soyez vigilante pendant vos règles et dans les jours qui suivent : si vous ressentez des nausées, des contractures musculaires, des migraines; si vous avez de la fièvre, des vomissements, des diarrhées, des éruptions cutanées ou tout autre symptôme de ce type : contactez immédiatement votre médecin, et parlez-lui du Syndrome du Choc Toxique. Mieux vaut s’inquiéter pour rien… que de morfler pour que dalle.

Ça veut dire quoi ?

Bien évidemment, ça ne veut pas dire qu’il faut illico balancer vos tampons et votre cup par la fenêtre (ou ailleurs) : les risques sont très minimes, et certains tips peuvent vous mettre à l’abri du (potentiel) danger.

  • Ne portez pas de tampon ou de coupe menstruelle plus de 3 à 6 heures : rappelez-vous bien que c’est la stagnation du sang dans votre vagin qui peut conduire à la prolifération des bactéries, et pas la protection périodique elle-même.
  • Privilégiez les protections périodiques en coton 100% bio : même si, comme on vous l’a dit, ce n’est pas la protection périodique en elle-même qui peut provoquer le SCT, choisir des produits à base de matériaux exclusivement naturels diminue grandement les risques.
  • Lavez-vous bien les mains avant et après avoir inséré votre protection périodique : la politique du risque zéro est votre amie.
  • Variez, autant que possible, les modes de protection : un bon équilibre tampon / serviette ou serviette / cup devrait laisser à votre vagin le temps de “respirer”.
  • Lâchez tout net les lingettes parfumées, les douches vaginales, et le savon : un rinçage à l’eau tiède suffit, et à l’extérieur du vagin seulement. Bref, arrêtez de baliser sur l’hygiène pendant vos règles, car votre vagin est auto-nettoyant.

Le bon produit

Si le lien se fait si facilement entre tampons périodiques et SCT, c’est parce que le tampon lui-même n’a, depuis quelques années, vraiment pas bonne presse. Des scandales comme celui de Procter & Gamble, à l’absence de loi obligeant les fabricants à dévoiler la composition de leurs produits : c’est tout un questionnement autour des problématiques de santé qui s’y applique.

De même, il faut savoir que si les cas de SCT plafonnaient au nombre de zéro dans les années 90, ils sont en constante augmentation ces dernières années. Meilleurs diagnostics ou responsabilité des fabricants qui propulsent sur le marché des produits bourrés de produits chimiques ? On ne sait pas. Mais la théorie selon laquelle les tampons non-bio favoriseraient largement l’augmentation des cas recensés n’est pas exclue.

La prise de conscience impulsée notamment par le très bon documentaire Tampon, notre ennemi intime d’Audrey Gloaguen et Victoria Kopiloff, donne lieu aujourd’hui à l’arrivée sur le marché de protections périodiques bio, éco-responsables, et plus respectueuses de la flore vaginale. Le coton des tampons – et serviettes – s’il est certifié, vous met à l’abri des substances toxiques et autres perturbateurs endocriniens en tous genres. De même, les coupes menstruelles en silicone, TPE et en latex médical sont plus saines pour le corps et pour la planète. Donc en gros, comment vous dire ? La route est encore longue, mais ça va déjà mieux.